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11 octobre – Les institutions financières internationales et les Etats combattent-ils les inégalités?, Bali

DFI, la Confédération syndicale internationale, New Rules et Oxfam ont co-parrainé un séminaire dans le cadre du Forum politique de la société civile du FMI et de la Banque mondiale. Cette rencontre a analysé la volonté des Etats à prendre les mesures nécessaires pour combattre les inégalités et s’est interrogée si les institutions financières internationales leur apportaient le soutien nécessaire pour y parvenir. Tenu à Bali en Indonésie, le séminaire a lancé l’Indice de l’engagement à la réduction des inégalités 2018 (IERI) de DFI/Oxfam qui recense les mesures politiques prises par les gouvernements et le icon Rapport global d’impact des institutions financières 2018 (GFII) par DFI et New Rules qui étudie les efforts faits par la Banque mondiale et du FMI dans la lutte contre les inégalités.

Le rapport GFII conclue que la progression des actions du FMI à aider les pays à lutter plus efficacement contre les inégalités est lente et incohérente, avec un score qui passe de 2.7 à 2.85 sur 5. Depuis la parution du dernier rapport, le FMI a (i) généralisé la notion des inégalités dans ses analyses pays et recommandations politiques mais devrait appliquer ce principe à tous les pays; (ii) accru son assistance technique aux pays pour les aider à collecter plus d’impôts, notamment l’impôt sur les entreprises et sur le revenu des individus; et (iii) a élargi sa définition des dépenses sociales clés au-delà de l’éducation et de la santé. Cependant, le Fonds est loin d’être en mesure d’analyser de façon systématique l’impact global de ses programmes sur les inégalités, et il n’a fait aucune avancée significative pour soutenir les droits du travaul, la protection sociale universelle ou les réformes du secteur financier qui réduisent les inégalités d’accès au capital.

En revanche, la Banque mondiale a, elle, plutôt regressé et voit son score passer de 2.4 à 2.3. La Banque semble indécise quant à sa vision globale – elle tente de promouvoir une prospérité partagée sans analyse régulière des tendances au niveau des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres, tout en plaidant en faveur de politiques générant des résultats contradictoires.

D’un côté, la Banque pourrait effectivement réduire les inégalités en mettant l’accent sur les dépenses de santé et d’éducation dans le cadre de son Projet pour le capital humain et une fiscalité progressive par le biais d’assistance spécifique aux pays. Mais elle aggrave aussi le problème des inégalités en recommandant un affaiblissement sévère des droits du travail et de la protection sociale dans son icon Rapport sur le développement dans le monde et en continuant à encourager une course vers le bas en matière de fiscalité dans son rapport icon Doing Business. Bien qu’elle fasse plus d’efforts pour réduire le coût des flux d’envois de fonds, la Banque mondiale prend peu de mesures pour assurer que son assistance au secteur financier réduise les inégalités d’accès au capital.